First European Migration Forum: the human face of migration

On les appelle demandeurs d’asile, réfugiés, migrants. Ils viennent de différents pays et ont vécu des expériences différentes, mais tous recherchent la même chose: pouvoir vivre en paix.

Le premier Forum européen sur la migration, organisé conjointement par la Commission européenne et le Comité économique et social européen (CESE), s’est tenu ces 26 et 27 janvier au siège du CESE, à Bruxelles. Ce forum a recueilli les avis d’experts nationaux et internationaux ainsi que de hauts responsables de l’UE, mais également les témoignages de réfugiés et de sauveteurs, qui ont partagé les expériences qu’ils ont vécues et ont donné un visage humain aux flux migratoires, souvent erronément dépeints dans les médias. Soulignant la nécessité d’une meilleure protection des demandeurs d’asile et des réfugiés arrivant dans l’UE, les quelque 200 participants rassemblés à l’occasion de cette manifestation ont également évoqué les approches possibles en matière de lutte contre le trafic et la traite des êtres humains.

Inaugurant cette manifestation organisée sur deux jours, M. Luis Miguel Pariza Castaños, membre du CESE, a insisté sur «l’occasion unique offerte par ce forum d’écouter le point de vue de la société civile en vue de la préparation du futur programme européen en matière de migration». M. Pariza Castaños, qui est également membre du groupe d’étude permanent du CESE sur l’immigration et l’intégration, a ajouté: «Notre défi est de sauver des vies humaines, d’accueillir ces personnes et de leur offrir des conditions décentes. Mais leur offrons-nous le niveau de protection optimal?» Félicitant l’ancienne présidence italienne du Conseil de l’UE pour son dispositif Mare Nostrum de sauvetage en mer Méditerranée, il a affirmé: «Nous vivons dans un monde globalisé, pratiquant la mobilité des capitaux, des biens et des services, mais il semble que nous oublions les personnes et leur droit à migrer dans l’espoir de trouver une vie meilleure».

«Nous avons besoin de tout le soutien de l’opinion publique en faveur des régimes d’asile», a souligné M. Vincent Cochetel, directeur du bureau du HCR pour l’Europe. «La mer est actuellement la dernière frontière ouverte, et dans la région méditerranéenne, la grande majorité des personnes effectuant la traversée fuient la guerre, les persécutions et la corruption. Ils ne sont pas des réfugiés économiques, comme bon nombre de personnes ont tendance à le croire».

Pour M. Haakon Svane, représentant de l’Association des armateurs norvégiens, et M. Christian Remøy, marin, «le nombre de réfugiés en mer est sans précédent depuis l’époque des «boat people» fuyant le Viêt Nam dans les années 1970». Les marins sont en première ligne et souvent confrontés à des tragédies humanitaires auxquelles ils ne sont pas nécessairement formés ou préparés. «Il ne nous importe pas de savoir si les personnes que nous secourons sont ou non des réfugiés. Ce sont avant tout des personnes en danger et il est de notre devoir de les aider», ont conclu les deux intervenants.

Après les témoignages de M. Majid Hussain, qui a fui le Nigeria pour l’Italie, et de Mme Milen Eyob, qui a quitté l’Érythrée pour la Suède, le Forum s’est subdivisé en ateliers consacrés à l’accès à la procédure d’asile aux frontières, à l’intégration des bénéficiaires d’une protection internationale, à la lutte contre le trafic des migrants, et à la nécessité de fournir les informations adéquates dans les pays d’origine et les pays de transit.

Mme Irini Parini, présidente du groupe d’étude permanent du CESE «Immigration et intégration», a souligné le fait qu’«il est nécessaire d’opter pour une perspective à long terme en matière d’immigration et de développer une approche holistique: l’Europe doit et peut faire plus».

Pour conclure, M. Henri Malosse, Président du Comité économique et social européen, a déclaré: «Nous ne pouvons plus attendre et les efforts doivent être répartis entre les États membres dès maintenant. L’UE doit réagir et doit le faire très rapidement. Il y a une urgence réelle. Le terme «illégal», lorsqu’il s’agit de migrants devrait être interdit. Il est inacceptable de l’utiliser pour qualifier des personnes qui veulent tout simplement vivre en sécurité et en paix. L’Europe doit ouvrir l’accès à des voies sûres aux réfugiés. En effet, si ces personnes tombent aux mains de passeurs et de trafiquants d’êtres humains, c’est parce que nous avons échoué dans la mise en place de solutions à leur intention. L’asile n’est pas un privilège mais un droit consacré dans les principes des Nations unies». M. Malosse a ajouté: «Le CESE plaide pour une politique migratoire commune, élaborée en consultation avec la société civile».

Note à l’intention des journalistes

  • Le Forum européen sur la migration est une évolution du Forum européen sur l’intégration mis en place en 2009 par la Commission européenne en coopération avec le CESE. Vu le succès du Forum européen sur l’intégration, il a été décidé d’en élargir le champ d’action à des thèmes liés à l’immigration et à l’asile. Le Forum rassemble environ 140 organisations et des représentants des institutions de l’UE, des collectivités locales et régionales, des États membres de l’UE et des organisations internationales. Pour en savoir davantage: http://www.migrationforum.net/index.jsp
  • Discours du commissaire Avramopoulos lors du Forum et documents de référence (en anglais).
  • Liste des orateurs et programme des 26/01 et 27/01.

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